mercredi 15 mai 2013

Cap au sud




Inspirés par une vision de champs d'oliviers, de parties de pétanques accompagnées d’apéros interminables sur un fond sonore de chants de cigales, nous avons choisi de mettre le « cap au Sud »pour un mini road trip provençal de 2 semaines.
La pétanque sous un soleil de plomb, les " Pastis" en terrasse et les farnientes « en mode lézard » n’étaient pas au rendez-vous ; la météo n’a pas joué le jeu !
Néanmoins, je décrète que le mois de mai, avec sa palette de couleurs printanières est LA période idéale pour mettre le cap vers le sud : Les paysages sont sublimissimes, les premiers rayons du soleil enchanteurs et l'accent provençal nous fait oublier la grisaille politique. L’heure de l’assaut touristique n’ayant pas encore sonné, nous faisons l’expérience douce des petites routes désertes.
Tous les ingrédients d’un « road movie » digne du festival de Cannes sont présents, avec l’intrigue météorologique en prime!
Nous prenons la route au petit matin (10 heures tapantes !), en direction de Lyon pour rejoindre l’autoroute du Soleil. Nous bifurquons en direction de Hauterives pour visiter le Palais idéal du facteur Cheval.
Il n'est pas utile de sortir de l’école des Beaux-arts pour s’apercevoir que l’œuvre de ce facteur a inspiré des artistes et architectes majeurs (cf.Gaudí, Picasso...). Les marches de son palais ont été foulées par de grands talents de tous les milieux artistiques et ont même attiré le monde de la mode pour y présenter des collections.
Il n'est donc pas nécessaire de se rendre sur la Croisette pour marcher dans les pas des stars, il suffit d'aller voir le palais Idéal!




Mr Cheval est un homme de milieu modeste qui s'attèle à la réalisation d'un rêve sans considérations artistiques ni philosophiques. En s’inspirant d’images et de reportages évoquant d'autres cultures, il consacre 33 années (et ce pendant son temps libre) à l'édification de son palais idéal. Il nous est difficile de croire que cet homme n'est pas fait le tour du monde avant de produire son œuvre. 

Le site internet du palais:ICI 

Nous consacrons la deuxième partie de la journée au musée international de la chaussure situé à Roman sur Isère.
 



Roman a développé une industrie de la chaussure florissante depuis 1850. Malgré des hauts et de bas, l’activité reste pérenne jusqu’en 1970, période à laquelle elle ne fait plus face à la concurrence étrangère. L’activité, qui perdure grâce à un très haut standard qualitatif n’a plus la même envergure. La tradition et le savoir-faire sont tout de même conservés et promus notamment à travers le musée international de la chaussure qui retrace 4000 ans d’histoire de nos godasses !


L’évolution des modes et des caractéristiques techniques des chaussures en corrélation avec les changements de notre société est superbement décrite. La modification du statut de l'enfant ou de la femme, l’avènement des congés payés et l'accession aux loisirs nous impactent jusqu’au bout des pieds.
Les talons hauts ne furent pas toujours l’apanage de la gente féminine mais ils ont largement contribué à la garder "à sa place".
Nous nous reconnaissons dans les séries de chaussures classées par statut social : Nos pieds révèlent bien plus que nous le pensons. Depuis, je regarde systématiquement la façon dont les gens se chaussent.
La collection de "chaussures du monde" est pleine de surprises.
* Lien d'information sur le musée: ICI





Information pour les «serials shoppeuses": "Marques Avenue" est installé à Roman; c'est un centre commerciale qui regroupe 70 magasins spécialisés dans le déstockage à prix cassés.  
Plus d'informations ICI

Après ces 2 parenthèses culturelles, nous continuons notre route vers le sud et c’est notre entrée dans la région du Vaucluse qui marque le début des "vraies" vacances. L’air a une odeur différente et les paysages nous rendent contemplatifs…malgré les pluies intermittentes. Nous nous installons quelques jours près de Vaison, qui nous sert de base pour sillonner les environs. Le camping à Vaison-la-Romaine n'était peut-être pas l’idée du siècle ; Il a réveillé chez moi quelques vieux souvenirs télévisuels des crues de 1992 (Caravanes dévalant la rivière qui sortait de son lit…) et chaque bruit d’eau provenant du bloc sanitaire voisin se transformait en une succession de cauchemars d’un réalisme extrême. 

Le camping « Carpe diem »n'est pas un havre de paix, mais il a l'avantage d’être très bien équipé pour les enfants qui ne tombent pas forcément en émoi devant l'architecture romaine et la campagne bucolique et qui apprécient les possibilités offertes par ce type de structure.





Vaison est une charmante bourgade dont nous avons arpenté les petites rues pentues de la vieille ville avec plaisir. Nous nous attardons sur les belles façades et les murets préservent l’intimité des jardins secrets. Au sommet du rocher sur lequel le village est agrippé; le château des comtes de Toulouse. D’ici, nous voyons le village du dessus et un large panorama sur la région dont le Mont Ventoux. Les amateurs de vestiges gallo-Romains trouvent leur compte à Vaison, anciennement Vasio, cité longtemps rattachée à l'empire Romain. 
Le site web du village contient des informations claires sur l'histoire de Vaison (ICI)



Mon carnet d'adresses à Vaison:
·         La belle étoile, à l'entrée du village médiéval (5 Place du Poids). L'humour est au menu dans ce petit resto à la décoration joliment dépareillée. L'accueil est sympathique et le service sans "chichis", efficace et agréable répond à nos besoins. Le menu est composé à base de produits de saison et locaux et les vins (bio), locaux aussi, sont délicieux. Il s'agit assurément d'une bonne adresse pour les gourmets et les prix sont raisonnables.
·         L'auberge de la Bartavelle (12 place Sus-Auze, téléphonez pour réserver 0490360216). Le cadre n'a rien d'extraordinaire, mais la gentillesse et la qualité du service n'ont pas besoin d'ornements! La cuisine est divine et les vins dans la même ligne, les prix très abordables. Bocuse peut aller se recoucher! 

Le Mont Ventoux (1911 mètres d'altitude) est une étape mythique du tour de France et j'aurais sans doute eu besoin d'une dose phénoménale de produit dopant pour atteindre le sommet en 2 roues. J’ai consulté Luckas sur l'éventualité de gravir le Géant provençal en vélo et il m'a répondu:-NANNNNNNNN, moi je reste à la voiture! Du coup, la fameuse tirade de Richard Virenque ne m'a pas été utile. J'aurais pourtant adoré dire que "J'avais été dopé à l'insu de mon plein gré " !
Si vous souhaitez rejoindre le cercle très fermé "des cinglés du Ventoux", c'est ICI


Point de vue du Mont-Ventoux



Nous poursuivons notre périple par une petite "virée" dans la cité des papes.



"Fashion in Avignon"

Avignon, enfermée dans ses remparts et pourvue de multiples monuments historiques est un trésor qui n’échappe pas au tourisme de masse. Elle abrite des événements culturels et artistiques et de superbes musées. Nous faisons nos premiers pas dans la cité et il nous semble impossible d’échapper à la visite du palais des papes: Cela nous permet de comprendre ce qu'il en retourne de Benoît XII et Clément VI avant d'aller déambuler au cœur de la ville, avec l’objectif d’atteindre la rue des teinturiers. On distingue une différence claire entre le secteur « noble » et le reste de la ville; 
Tandis que les alentours du palais sont aérés et opulents, la partie autrefois populaire est confinée dans des rues étroites et une promiscuité qui lui donne aujourd’hui une atmosphère intimiste et nous enchante. Les roues à aube sont entrainées par le courant du petit canal qui longe la rue des teinturiers, anciennement dédiée à la manufacture des indiennes , et nous nous installons sur la terrasse de « La cave des pas sages ».
L’endroit est ravissant. Avant de partir nous faisons un saut sur le fameux pont d’Avignon (Saint-Bénézet) dont il ne reste qu’une petite section : Cette visite n’apporte rien de transcendant. Par contre il est intéressant de se renseigner sur son histoire très bien résumé sur Wiki : ICI



Nous rentrons sur Vaison en suivant les chemins de traverse qui nous mènent au pied des Dentelles de Montmirail, une chaine de montagne qui fait partie des Baronnies ...un autre trésor du Vaucluse!

Les dentelles de Montmirail




Nous optons ensuite pour une balade en montagne autour du Mt Serein...qui devait être aisée mais qui s'est révélée être une épreuve digne de "Koh-Lanta". Après quelques heures de marche dans une pente abrupte, le regard rivé sur mes chaussures afin d'éviter de mesurer le trajet qu'il me reste à parcourir pour atteindre le sommet, je « tombe en amour » avec les micro-jardins d’altitude. Il y a pas mal d'options de promenades autour du géant de Provence et du Mt Serein. 
Il est préférable de contacter l'office du tourisme de Malaucène ou de se munir d'une bonne carte. 





Après cette épreuve, nous prenons la direction de Villars (Lubéron) où nous passerons la nuit et c'est encore des paysages fabuleux qui défilent sous nos yeux.



Dans l’optique de découvrir le Colorado provençal nous nous installons au camping « Le Colorado » à Rustel, au cœur des carrières d’ocre. L’endroit, plutôt rustique ne manque pas d'attraits mais nous ne resterons que 2 nuits car la pluie rend le camping inconfortable.




Mon carnet d'adresses:
A l’auberge du Villarsois (Rue Neuve 84400 Villars). Nous sommes accueillis à bras ouverts et après cette journée éprouvante, les plats régionaux tombent à brûle-pourpoint! Excellente adresse dans le charmant village de Villars.


Nous découvrons la région du Lubéron et ses petits villages perchés.Saint-Saturnin-lès-Apt et Bonnieux sont mes préférés, mais il y en a beaucoup d'autres à découvrir. Le village de Gordes est victime de son succès, trop touristique à mon goût.

Saint-Saturnin-lès-Apt









Nous faisons une escale à Apt. 
La ville ne m'a pas séduite mais la maison du parc régional naturel du Lubéron (60 place jean Jaurès - Accès gratuit) présente une exposition intéressante avec de beaux fossiles (Luckas a adoré) qui nous éclaire sur l’histoire géologique du Lubéron et offre un autre regard sur la région.
En route vers le sud avec l'idée de nous rendre à Grasse, nous décidons de passer par Moustier et le célèbre canyon du Verdon.

Moustiers Sainte-Marie, cité de la faïence.

C'est la famille Clérissy, installée à Moustiers depuis 1550 qui se lance dans la manufacture de céramique. Cette activité est ensuite reprise par d’autres familles. La faïence de Moustier se construit une réputation de haute qualité et fournit la cour royale. La mode de la porcelaine et de la faïence anglaise provoque l’extinction des fours de Moustier autour de 1830.En 1920, l’activité renaît de ses cendres et connaît un succès grandissant grâce au tourisme.




Le site des gorges du Verdon est cartographié en 1770 mais son accès difficile le rend peu connu des voyageurs jusqu’à ce qu’il figure dans un guide touristique en 1877. A partir de 1920, il est promu par le Touring club de France. Dans les années 30, grâce à la réfection des routes, la fréquentation du site augmente. Aujourd’hui, il reçoit quelques 600 000 visiteurs par ans qui s’y rendent majoritairement en période estivale (Bon d’accord, on est tout de même bien loin des 7 millions de visiteurs annuels de la tour Eiffel !) 

Ce jour-là, nous étions seuls à emprunter la D952, dans un paysage à couper le souffle.




La profondeur du canyon atteint 250 mètres.


Nous arrivons à Grasse sous une pluie torrentielle; Il faudra attendre le lendemain pour découvrir le charme désuet de cette petite ville provençale. La région de Grasse possède un microclimat qui favorise la culture florale (rose, jasmin...) et c'est l’atout sur lequel s’appuie l'économie locale depuis le XVIIIème siècle pour développer son activité de parfumerie qui rayonne dans le monde entier.
Pour en savoir plus, nous visitons le musée international de la parfumerie et la Villa Fragonard. Nous ressortons avec une nouvelle vision sur le monde de la parfumerie et une bonne migraine provoqué par l’overdose d’odeurs. Le musée propose aussi des animations interactives pour les enfants.
A la Villa Fragonard, on vous invite à visiter leur usine et on nous apprend aussi à sentir les parfums. La note de tête, la note de cœur, et la note de fond n'ont plus de secrets pour nous, ou presque, car il faut 7 années d'études et de pratique et reconnaitre autour de 3500 essences pour devenir "un nez"aguerri!





Dans le domaine de la parfumerie, le conditionnement joue un rôle prépondérant. Le musée présente une belle collection de bouteilles et nous donne des indications sur ce qui a inspiré leurs créateurs.



Notre road trip se poursuit le long de la Côte d’Azur, entre Cannes et Saint-Tropez








Escale à Saint-Tropez.



Saint-Trop,c'est la ville mythique par excellence et il n'y a pas de table plus "People" que le Senequier. Nous nous sommes donc installés sur les célèbres chaises de toile rouge en face du port...Pas de stars à l'horizon, mais des yachts briqués par une horde de personnels de bord. Une expérience rigolote  qui nous a coûté 22 Euros pour 2 cafés et un Coca. Saint-Trop est tout de même une jolie petite cité qui a gardé un certain cachet. Fréquenté par le gratin de la mode en particulier depuis que Karl Lagerfeld y a présenté sa collection Croisière (Chanel), son image tient avant tout à la présence de notre BB nationale qui y a élu domicile. 
Miss Bardot continue à faire la une des journaux grâce à son chat Rontonton : ICI 




En quittant Saint-Tropez en direction de Cavalaire, nous empruntons une petite route sinueuse qui nous mène au col de la Collebasse: Des Paysages typiquement méditerranéens nous attendent "au tournant". 





Le printemps








A Cavalaire, il ne fait pas assez chaud pour se déshabiller, mais bien assez pour se baigner!
 



Dans la soirée, nous arrivons à Aix en Provence. C'est une ville à taille humaine, élégante et simple.





 Aix est notre "coup de cœur " des vacances!
 




Les marchés nous donnent envie de faire la cuisine.




La vieille ville et sa palette de couleurs ...qui a certainement inspiré Cézanne, né ici.






Mon carnet d’adresses:
Le Verdun (20 Place Verdun), en face du palais de justice. Cuisine du terroir, plats simples et copieux. Je savoure mes premiers "pieds et paquets" avec une sauce divine! C’est Notre adresse à Aix, nous y sommes retournés à plusieurs reprises tellement c'est bon!
Hôtel "Le prieuré"; Pas de luxe, mais un accueil chaleureux avec des conseils pour visiter la ville, se garer, soigner un bobo, cuisiner l'aïoli...Déco 100% florale et un "rien" désuète: On aime. Site: ICI
Après de longues heures d'errance dans les rues d'Aix, nous partons pour le village des Baux de Provence, aux pieds des Alpilles.




Le village et son château, perchés sur un des derniers contreforts des Alpilles, occupent un observatoire naturel sur la plaine des Baux. Au loin, on distingue la Camargue. Les plus anciens écrits mentionnant le village datent du Xème siècle et on retrouve des traces de présence « humaine » datant de la préhistoire. L'histoire tumultueuse de la Provence, n'est épargnée ni par l’esprit de conquête des seigneurs ni par les guerres de religions et les Baux sont à plusieurs reprise un lieu de repli pour les rebelles.





La vie du village est aujourd'hui indubitablement liée au tourisme et ça se voit. 
Au printemps le site a beaucoup de charme sans être encore envahi par les touristes.





Luckas s'est beaucoup amusé au château (Accès payant); Les duels médiévaux sur fond d'histoire provençale, le tire à l’arbalète et à la catapulte ont embelli sa journée.





Le "Bau"? - Une valeur relative.

En 1821, Monsieur Pierre Berthier découvre ici la roche qui sert à la production d'aluminium; La bauxite.* Merci Wiki.

Bière locale.



Mon carnet d'adresses
La chambre d’hôtes du Mas de l'Esparou (Route de Saint Rémy de Provence.): Accueil agréable, chambre avec une petite bibliothèque et des livres pour enfants(et adultes) dont Luckas a tiré le plus grand parti (moi aussi),petit déjeuné de roi (confiture maison) partagé avec les autres convives, piscine avec terrasse très mignonne dans un cadre Provençale par excellence à quelques kilomètres de Baux .Une bonne adresse pour une nuit ou plus. 

Site internet: ICI




Dernière étape: La cité Phocéenne.





Luckas pensait voir des gangsters arpenter les rues étroites de la cité. Il a plutôt été déçu. Pas un malfrat à l'horizon, le calme plat -Il faut dire que c'était un jour férié. Par contre il a aimé l’atmosphère des plages marseillaises. 





Comme à chacun de mes passages, Marseille m’inspire : C’est une ville au cœur de la vie, entre mer et terre, entre la France et le reste du monde, entre tradition(s) et modernité, elle a quelque chose de sincère qui transpire dans son architecture ; C’est un style de vie, la « coolitude »par excellence qui entre en collision avec les histoires de ses habitants. Chaque quartier a sa propre ambiance et celle du Panier est particulièrement agréable. C’est un village à la ville, avec son linge qui pend aux fenêtres, les petits magasins qui bordent la rue et les places envahies par les terrasses de restaurants. Quelques artistes ont également pris possession de l’endroit. 


2013 est une année spéciale pour Marseille, qui est capitale européenne de la culture et l’art descend dans la rue : Une occasion rêvée d’aller y faire un tour. J’ai fait connaissance avec le photographe Serge Assier , Exposé près du port. Ses images en noir et blanc avec de belles gammes de gris « captent » merveilleusement bien l’âme de Marseille dans son exposition « Quatre rives et un regard ».
Le programme culturelle 2013 à Marseille: ICI  
L'heure du retour à la réalité a sonné... Bonne semaine.
L§F

1 commentaire:

  1. Très très joli reportage de votre grande virée dans le sud-est, on va pouvoir papoter mardi matin. Belle journée, Brigitte.

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