lundi 11 novembre 2013

Flashback: Majorque

Palma, Majorque

Splatch! C'est le bruit que je fais lors de mon atterrissage "forcé" dans l'univers Genevois après un séjour sur la belle et controversée planète majorquine où la température ambiante frôlait les 30 degrés et l'eau les 22 degrés en ce mois d'Octobre.

Les Baléares; qui n'a pas rêvé, probablement à l'occasion d'une de nos ravissantes journées d'automne dont la pluviométrie est comparable à celle d'une forêt tropicales, d'aller y faire un saut, histoire de se refaire une santé et de sortir de la dépression qui sévit à cette période (Comme si la crise ne suffisait pas!). Mais certains choisiront une autre destination, car les Baléares ont aussi la réputation d’être assujettis au tourisme de masse induit par une équation dont l'issue est toujours fatale à l'image des pays qui y sont soumis: Billets d'avions à bas prix + soleil + sécurité  = afflux de milliers de visiteurs dont la motivation est réduite à bien manger et beaucoup boire pour pas trop cher dans un périmètre ensoleillé en ne risquant ni sa santé ni surtout le choc culturel.
Il est vrai que dans cette perspective, l'Arabie Saoudite et le Turkestan ne sont pas les destinations de prédilection. Ni même le Rwanda d'ailleurs, mais peut-être pour d'autres raisons.

Tandis que les Italiens ont élu domicile à Formentera, les Français à Ibiza, Majorque est "colonisée" par nos amis allemands et tout est fait pour qu'ils s'y sentent "comme à la maison". Les menus, les informations, tout est traduit dans la langue de Goethe qui semble d'ailleurs être devenue la seconde langue parlée sur l'ile.
Cette caractéristique n'a pas échappé à Luckas qui nous a indiqué que c'est la destination idéale pour peaufiner nos compétences en langue allemande...sous un parasol. Cela étant dit, les zones ultra-touristiques qui ont contribué à faire la fortune des cimentiers espagnoles, ont le bon goût d'être limitées à des périmètres côtiers relativement restreints ce qui nous laisse le reste de l'ile pour vaquer à nos activités contemplatives.
Depuis quelques années, la politique de l'ile a sensiblement changé (certes un peu tardivement) et le gouvernement essaie de préserver et valoriser l'environnement et le patrimoine Majorquin. Plusieurs zones sont maintenant protégées.



-A la sortie de l’aéroport, nous "enfourchons" notre Fiat 500 pour nous rendre dans notre petit eldorado à "Colònia de Sant Pere", bourgade de 550 âmes, où nous avons loué notre petite maison.
(J'en profite pour faire un peu de pub pour Maria, qui loue sa maison à Colònia pour un prix raisonnable et qui nous a très bien accueilli: Au besoin, vous pouvez voir son offre et la contacter ICI)

Une fois passée l'habituel "no man's land" qui entoure l' aéroports, nous entrons au cœur du sujet et les trois éléments qui nous sautent aux yeux sont : Les moutons (ROUGES! - et oui, amis Suisses, pas de moutons noirs à Majorque!), les murs et les oliviers.

Les moutons, qui contrairement à la photo suivante, ne se baladent que rarement en troupeaux  mais semblent bien avoir essaimé un peu partout sur l'ile en adoptant le comportement du caméléon qui consiste à se fondre dans son environnement, en épousant la couleur rouge la terre.


Les majorquins possèdent également un talent qui n'est que très peu cité mais qui pourtant nous a sauté aux yeux (en plus de bien d'autres évidement, contrairement à ce qu'en disait George Sand dans son bouquin "Un hiver à Majorque") : Ils confectionnent de magnifiques murs de pierre et l'art de l'empilement n'a pas de secret pour eux. Je ne sais pas si cela tient à un sens aiguë de la propriété ou si il s'agit simplement d’évacuer les pierres qui occupent chaque cm2 de leurs terres (ou peut-être les 2), mais on en trouvent partout et de toutes les tailles.


Les moutons et les cailloux partagent les mêmes "pâturages". Je me demande si les cailloux ne constituent pas la nourriture de base de la gente ovine.


La muraille de Chine...à Majorque


Aux cailloux et aux montons s'ajoutent un quantité incroyable d'oliviers (Je suppose qu'il y en plus que de moutons mais moins que de cailloux) et ces trois éléments cohabitent en toute quiétude donnant une belle gamme de couleurs au paysage.


Dans le centre ville de Palma, un magnifique spécimen d'olivier avec son tronc caractéristique.


J'allais oublier!
Là où il n'y à ni moutons, ni oliviers (mais quand même quelques murs et beaucoup de cailloux), c'est à dire en montagne, il y a des chèvres, qui ponctuent de temps en temps le paysage. Comme les moutons, leur alimentation semble fort minérale.


Les chèvres (qui s'expriment couramment en allemand) s'offrent parfois un régime Delux, grâce aux touristes ... Cookies § chips au menu !




En dehors des plages très agréables et du soleil qui illumine nos journées, se sont les régions montagneuses de l'ile que j'ai le plus apprécié. Le mélange mer-montagne produit des paysages de rêve, souvent arides avec un univers olfactif et sonore qui leur sont propres. Le point de contact qui réuni l'eau et la montagne est plutôt conflictuel, mais les biotopes des deux environnements se mélangent et interagissent comme une union interculturelle explosive mais riche en retombées pour les 2 parties. Je suis d'avis, qu'à long terme, c'est la mer qui gagne; Son énergie et sa persévérance ont raison de la montagne flegmatique, qui se croit solide comme un roc.

L'opinion de Luckas est sensiblement divergente sur la question des vacances et de l’environnement idéal dans lequel elles doivent se passer pour être réussies; Mer + Plage sablonneuse + Copain + Diabolo grenadine, le tout sans autres contraintes d'horaires que celles du goûter ... Le petit ange s'est donc transformé en odieux démon pour tenter de nous gâcher le "paysage sonore" en ponctuant les promenades de commentaires forts désagréables du type... j'aime pas marcher, j'aime pas les vacances, d'ailleurs j't'aime pas non plus ! (Cette attitude évoquera surement des souvenirs épiques à quelques parents dépités où il émerge dans notre esprit malade une envie forte de tordre le cou au cher ange, qui heureusement disparaît lors de la visite du Xième aquarium où notre amour inconditionnel nous aide à réaliser que le chérubin est vraiment très doué pour reconnaître toutes les espèces de poissons exotiques.

Le parc naturel de la péninsule du Levant (Parc natural de la Península de Llevant)


Dans le comté du Levant , au nord-est de l'ile de Majorque, le parc couvre 21 507 hectares dont les collines culminent à 554 mètres. La réserve naturelle couvre elle 1600 hectares . Outre la présence de la tortue d’Hermann, nous pouvons observer le milan royal, le vautour percnoptère, l'aigle botté, le balbuzard pêcheur, le faucon crécerelle et pèlerin, la huppe fasciée et bien d'autres espèces, ainsi que des plantes endémiques des Baléares et certaines espèces botaniques spécifiques aux zones soumises à l'agriculture sur brûlis. Cette pratique a eut raison de la forêt originelle.

N' hésitez pas à vous rendre à la maison du parc, indiquée dès la sortie d'Artà et qui est également le point de départ de beaux itinéraires. Les filles qui s'occupent de la réception sont adorables et communiquent aussi bien en Français qu'en anglais...un vrai bonheur! Elles répondent à toutes vos questions et vous racontent l’histoire du parc. Nous repartons avec deux jolis livrets qui décrivent la faune et la flore locale et qui nous facilitent l' identification des fleurs et des oiseaux. Les livres sont édités en Castillan ou en Allemand (on y revient!)mais indiquent les noms en latin, donc avec le tout, nous nous faisons une idée des spécimens locaux...ou pas!

Elles nous recommandent aussi les bons itinéraires selon notre condition physique.Vous pouvez aussi consulter leur blog en Anglais:  http://parcnaturaldellevant.blogspot.fr/
Les chemins sont bien balisés (Pensez à prendre de l'eau et un en-cas est toujours apprécié) 

J'ai adoré le fameux buisson épineux dont le nom scientifique est "Astragalus balearicus", qui derrière son petit air innocent et surtout sa forme évocatrice qui nous invite à un instant de repos sur nos fessiers, nous réserve un accueil  mitigé: Son nom local, " Coixinet de monja", qui se traduit par "coussinet de Nonnes"  nous donne à réfléchir sur la vie de celles qui ont choisi de se consacrer à dieu.


Le parc garde aussi quelques traces de l' histoire Espagnole; Franco, qui avait décidé d'armer la pointe du Levant, s'est empressé d'édifier une prison qui lui permettait d'avoir du personnel "à l’œil "pour construire la route qui devait arriver jusqu'au bout de la péninsule; Les prisonniers, dont l'état de santé peu reluisant étaient d'une efficacité limitée ne sont pas parvenu à achever le projet. La route n'a jamais été terminée et il ne reste que les ruines de cette prison. Est-ce un hasard si aujourd'hui quelques milliers de "Cynara cardunculus" ou Chardon d'Espagne y ont élu domicile.




Entre mer et montagne.



Nous avons également abordé le parc par sa partie côtière en partant de Cala Estreta (A partir d'Artà en direction de Capdepera, suivre Cala Torta et Cala Estreta; La route est très chaotique, mais nous garons facilement notre petite Fiat près du départ de l'itinéraire) pour rejoindre la tour de guet d'Aubarca ; La balade est facile et les enfants aiment  préfèrent marcher le long de la côte.(2 heures aller-retour) - La vue est splendide autant côté mer que côté collines.


 
 
 

Il nous reste beaucoup à explorer et notamment à nous rendre sur une des plages inaccessibles en voiture, à passer une nuit dans un ermitage ou dans un gîte au milieu de ce paradis...nous reviendrons!


Le soir, de retour à Colònia de Sant Pere, à chacun son plaisir!


La suite du voyage dans quelques jours!

2 commentaires:

  1. superbe ce premier reportage, les moutons rouges ne portent pas les bonnets rouges de bretagne? une température estivale, une eau où l'on peut encore se baigner et la montagne, je prends!!! elle est pas belle la Vie. Bises, B.

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  2. Trop belle...la vie!
    Et non je n'ai pas remarqué de bonnets rouges...mais peut-être que cela m'a échappé!
    Bises et à bientôt.
    F

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