dimanche 15 décembre 2013

Comment j'ai perdu la course de l'Escalade de Genève



Il y a quelques mois, forte d'une inconscience enfantine, j'ai invité mon ami L. (qui est toujours partant pour une ou deux excentricités sportives) à tenter la célèbre course de l'Escalade de Genève ; en « semi »-marathonien semi-averti, il acceptait mon offre de bon gré.
Quelques semaines mois après, à l'occasion de notre séjour à Majorque, motivée par la vision des fabuleuses marathoniennes (et avec l’arrière-pensée de me sculpter un corps de rêve) qui participaient à la course de Palma de Majorque, je débutais mon entraînement. Je démarrais mes journées par un jogging d'une trentaine de minutes en bord de mer. Le soleil brillait et mon optimisme n'avait d'égal que le temps qui me séparait de la course de l'Escalade.
Au mois de novembre,  la rumeur genevoise indiquait que la date de l’évènement se rapprochait. Afin d’en savoir plus, je me connectais sur le site internet de l'Escalade(ICI).
Il était clairement mentionné que les inscriptions seraient closes dans les jours prochains et que si je ne procédais pas au paiement et à l'inscription rapidement nous ne prendrions pas le départ. Je nous ai donc inscrits dans une catégorie qui me semblait être la seule adéquate : L’Escaladélite homme pour Lui et femme pour moi.
A tout hasard, j’informais  L. que nous devions terminer le parcours à travers la vieille ville (qui monte et qui descend sévèrement) dans un délai de 30 minutes pour lui (7.2 km) et 25 minutes pour moi (4.8km). La date fatidique s'approchant, nous faisions chacun de notre côté quelques essais montre en main, afin  d'évaluer l'effort à fournir pour parcourir respectivement les 4.8 kilomètres et les 7.2 kilomètres. Nous constations que le temps indiqué était sensiblement inférieur à celui de nos performances habituelles à l'entrainement mais tablions sur l'euphorie de la course et les applaudissements d'un public enthousiaste pour nous porter à vitesse optimale.
Je songeais évidement à organiser une dérobade qui me permettrait une sortie prématurée la tête haute, mais l’idée d’abandonner mon ami aux mains d’un chronomètre malveillant m’indisposait. J'attendais donc la date fatidique en me disant que si 33'719 inscrits avaient franchi la ligne de départ en 2012, il devait forcément y en avoir des "comme moi", ou même des pires, dans le lot.
Le premier week-end de décembre approchait dangereusement.
Mon ami a débarqué à la gare Cornavin, planqué derrière son air décontracté et sa démarche féline, il n'était pas tout à fait détendu. Au matin du 7 décembre, pas un nuage dans le ciel genevois )O : … nous avons donc rejoint le parc des Bastions : Lui en tenue semi-pro et moi vêtue de mon survêt' du dimanche (Le genre qui bade aux entournures). L'heure de mon départ arrivait à grands pas, tandis que mon pouls augmentait de manière exponentielle et les filles qui approchaient de la ligne de départ en s'échauffant semblaient (Je cite L.) très affûtées.
Nous nous sommes rangées sous la banderole de départ, et contrairement à ce que j'avais observé dans les courses qui s'étaient succédées dans le courant de l’après-midi, la place ne manquait pas. Alignée entre une superbe représentante du Kenya au regard déterminé et un canon ukrainien aux jambes ultra-galbées, j’ai réalisé la portée que peut avoir un clic impromptu....et par la même occasion, la signification du mot « Élite » !
Luckas n’étant pas loin, j’ai décidé de prendre le départ, histoire de ne pas déroger à mes théories débiles, qui veulent que l’important c’est de participer et de faire de son mieux, de ne pas renoncer, d’aller jusqu’au bout de ses rêves (rêves ???), et de ne pas lâcher le morceau (ça c’est le truc qui veut tout dire et rien dire-mais qui m’a souvent servi de leitmotiv (avec succès) et que j’utilise à toutes les sauces…et bien d’autres choses plus subtiles les unes que les autres !)
Munie d'une volonté à peu près égale à la somme des heures que ces étoiles de la course  à pied avaient dû passer à s’entrainer et qui s'est avérée sans failles (apparentes-bon d’accord j’ai à plusieurs reprises songé à une échappée par les rues adjacentes de la vieille ville sans pouvoir exécuter mon plan, étant cernée par les barrières métalliques et un public averti), j'ai fini ma course en pulvérisant mes chronos (4,8km en 28 minutes) et j'ai fièrement passée la ligne d'arrivée derrière... tout le monde!
Ci-dessous l'image de la déesse qui a parcouru les 4,8 km en 15 minutes, sortant vainqueur de la course Escalade-élite-femmes: Miss Kosgei Cynthia (Kenya).




Photo: Stefan K.
 

L. a pris le départ peu après mon arrivée,  il s'est royalement battu  prenant la 354ème(sur 449) place avec un temps de 29' 52'' 1.
Belle performance pour un premier essai en catégorie Élite-homme!


Ci-dessous, mon ami L., le champion Lorrain (en blanc), promis à une carrière de haut niveau!

Photo: Stefan K




Après l'effort, assis autour d'une bière, nous nous repassions le « film » de  notre première expérience en classe « internationale » et anticipions nos prochaines sorties, dans une course de montagne, histoire de mettre la barre plus haut!

Si vous séjournez à Genève le premier week-end  de décembre, venez participer à une des plus importantes fêtes de l’année : Les Suisses célèbrent la victoire des protestants contre le duc de Savoie(1602) qui rappelle  la tentative d'invasion des savoyards escaladant les murailles de la ville (d’où le nom de course de l'escalade). Pour participer, il faut vous inscrire dès novembre sur leur site Web (ICI). Les courses et les marches se succèdent sur le week-end et il y en a pour tous les âges et tous les niveaux. C'est une expérience formidable de laquelle on sort toujours gagnant!
Je recommande sans réserve la course de l’escalade !!!

Bonne semaine!

L&F

2 commentaires:

  1. Je suis pliée de rire en te lisant! Et je salue ton courage ainsi que celui de ton ami. Il fallait oser....
    J'ai un souvenir de l'escalade de Genève, c'est celui où ma fille, fraîchement diplômée, avait amené sa classe (je crois une première primaire). Tous les bambins déguisés, la maîtresse légèrement dépassée par les évènements, entre le stress, la pluie, le froid, et la grande excitation des gamins. Et moi, venue là pour soutenir le moral de ma fille. A la fin, je ne sais pas laquelle des deux était la plus claquée. Et tellement émue que je ne retrouvais plus ma bagnole au parking.........
    Valentine

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  2. Grandiose expérience "de la vraie vie" pour ta fille et l'anxiété qui monte façon "escalade", je n’imagine même pas, moi qui bourre des papiers annotés de mon numéro de téléphone dans les poches de mon fils, lorsque nous fréquentons des endroits où il y a foule!
    Quant à la voiture; situation un rien ennuyeuse je pense! C'est là que tu réalises qu'il vaut mieux être l'heureuse propriétaire d'une automobile un peu atypique non?

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