lundi 26 mai 2014

A voir ou à revoir !



Alors que la magie du cinéma perd de sa saveur lorsque le film n'est plus projeté sur grand écran, l'atout du VOD réside pour moi dans le fait de pouvoir voir ou revoir, un film « ancien » qui ne sera sans doute jamais plus disponible dans les salles. Tombée par hasard sur cette bande annonce dont l'esthétisme me transporte, j'achète immédiatement le film sur le site de diffusion de vidéos d'Orange.
C'est un mélodrame suave et sensuel où les lumières diffuses et les couleurs saturées, l’étroitesse des lieux et l’approche artistique racontent plus que les dialogues minimalistes. Wong Kar-Wai utilise toutes les possibilités de ce média, y compris celles que nous avons oublié depuis longtemps, pour instaurer cet univers langoureux et contraint .La musique et le jeu des acteurs font le reste. L'histoire tourne autour de deux protagonistes, voisins de palier et victimes des infidélités de leur époux respectifs. Dans cette Hong Kong des années 1960, la pression sociale gardienne des bonnes mœurs, représentée ici par la logeuse particulièrement présente restreint l'espace laissé à ce couple dont la relation oscille autour des convenances. La promiscuité et les répétitions de scènes où les protagonistes se croisent, la lenteur de leurs mouvements dans un environnement qui fourmille d'activités et leur histoire commune construisent une relation intimiste mais résolument platonique. Je vous invite à voir ou revoir cette œuvre hermétique aux lieux communs contemporains qui aboutit à l'enterrement du secret dans les ruines d'Angkor au Cambodge, comme la tradition  le veut, pour qu'il y demeure à jamais, tandis que la société chinoise évolue sensiblement.

Les deux acteurs, Maggie Cheung statufiée dans ses robes divines et Tony Leung, journaliste et écrivain, délaissés et profondément blessés portent un jeu délicat qui m'a transporté. Un film loin de l’hystérie des mises en scènes actuelles, qui nous ramène à l’essence de l’être sans faite l'impasse sur sa "raison" sociale.



Je pense maintenant me tourner vers les autres films de Wong Kar-wai...

Belle journée,
F

2 commentaires:

  1. Je suis absolument de ton avis sur ce film, qui me transporte à chaque fois, ainsi que la musique, spécialement Yumeji's theme de Mickael Galasso.
    Bisous.Martine

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  2. Oui, tu as raison la musique est divinement désuète,sensuelle et déchirée!
    Bises à toi

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