jeudi 28 août 2014

La guerre a ses raisons que la raison ne connaît pas.

"Réflexion" sur 1000 façons d’atténuer la misère humaine - Musée de la croix rouge et du croissant rouge, à Genève.
En 1859, la bataille de Solférino fait à elle seule autour de 5500 morts et quelques 22000 blessés laissés sur le "carreau" sans soins ni assistance. Le suisse Henri Dunant, venu en Lombardie pour rencontrer Napoléon III  est témoin de ce désastre humanitaire qu'il décrit dans son livre "Un souvenir de Solférino" publié à ses frais en 1862 et traduit dans onze langues par la suite. De cette indignation et de ses écrits partagés avec plusieurs dirigeants européens, découle la ratification de la première convention de Genève par une douzaine d'états. Il s'agit du premier texte de droit international humanitaire dont nous célébrons le 150ième anniversaire cette année et Henri Dunant est l'initiateur de ce projet et le père de l'organisation qui concrétise sa mise en œuvre: La croix rouge.

La première convention de 1864 stipule l'obligation de soigner les blessés de guerre ainsi que la neutralité du personnel et des établissements sanitaires dont le signe distinctif est la croix rouge sur fond blanc.

Au fur et à mesure de l'évolution du matériel militaire et des techniques guerrières s'en suivront de multiples protocoles et accords visant à limiter ou interdire l’utilisation de certaines armes et à élargir les possibilités d'assistance aux victimes dans un contexte de conflit armé ou à l'occasion d'autres catastrophes naturelles ou pas.

Ouvrir les yeux, les oreilles et la bouche pour témoigner - Au musée de la croix rouge - œuvre de Romuald Hazoumé, l'"artiste bidon", pas bidon du tout!-plus d'informations sur cet artiste que j'ai découvert et qui me plaît: ICI.

Le musée de la croix rouge de Genève retrace l' histoire de l'organisation, ses succès et ses échecs, rend compte des méthodes de travail utilisées pour répondre aux différents besoins humanitaires générés par les catastrophes naturelles ou les conflits armés et décrit la façon dont elle veille à l'application des accords internationaux et à la protection des droits de l'homme.
En dehors de cette présentation, des "témoins" nous permettent de faire le lien entre les informations délivrées et la réalité des faits racontés par ses hommes et femmes. Ces témoins sont des victimes qui ont eu la force et la capacité de se sortir d'un environnent destructeur, de rebondir et de se reconstruire une vie nouvelle ou des individus dont le processus d'engagement et l'engagement lui-même dans des actions humanitaires sont remarquables. Ils évoquent leurs histoires personnelles en corrélation avec l'action humanitaire construisant ainsi un lien avec le visiteur et contextualisant le contenu informatif. L'exposition permanente nous offre aussi une vision globale des besoins humanitaires liés à l'actualité.

Autoportrait: Au pays des hommes muselés, je suis presque libre ...(Les pétrifiés, sculpture de Carl Bucher, à l'entrée du musée)
A deux pas l'un de l'autre, le palais des nations-unis et le siège du comité international de la croix rouge sont deux organisations qui, malgré leurs rôles distincts, se complètent; L'une travaillant sur le plan diplomatique en essayant d'amener les décideurs à s'assoir autour d'une table pour trouver des solutions acceptables par tous, l'autre agissant sur le terrain  pour minimiser les souffrances des populations impactées lorsque les démarches diplomatiques ont échoué et que les situations conflictuelles débouchent sur la violence. On peut reprocher à l'une comme à l'autre une efficacité limitée, une approche trop consensuelle qui élude les responsabilités  des "méchants" ou choisir de les voir comme des entités extérieures qui mettent tout en œuvre pour participer à la construction d'un monde plus juste et refusent l'inacceptable. De mon point de vue, sans être irréprochables, elles constituent une force qui atténue les tensions et les souffrances dans un contexte mondial fluctuant dont l'équilibre est précaire. Cette vision édulcorée n'a surement aucune chance d’être partagée par les populations touchées par la guerre, qui, je suppose, ne parleraient ni d'équilibre ni de précarité mais de désordre, de violence et d'injustices; Il est intéressant de visiter les deux lieux pour accéder à un point de vue plus large autour de ces problématiques et d'y réfléchir.

Au musée de la croix rouge et du croissant rouge: Pour entrer dans l'espace dédié à la reconstruction des liens familiaux,  nous franchissons cette zone sombre en passant à travers des chaînes suspendues dont le contact froid relate peut-être les sentiments liés à la déconstruction familiale. Cette expérience désagréable m'évoquait plutôt le passage dans un labyrinthe qui  "déchaînait ma conscience".

Le musée de la croix rouge et du croissant rouge, en collaboration avec le Mamco, offre également une exposition temporaire montrant des travaux d'artistes ayant travaillé sur l'expression de la souffrance humaine  - Ici, sont présentées des œuvres d'Otto Dix et Pablo Picasso pour ne citer que les plus connus du grand public. L'art doit aussi nous pousser à sortir de notre zone de confort; C'est réussi.


Belle journée à tous,
L&F
Toutes les informations sur le musée sont disponibles sur le site internet: ICI

Musée international de la Croix-Rouge
et du Croissant-Rouge
Av. de la Paix 17
1202 Genève
Suisse
+41 22 748 95 11

Site internet du CICR: ICI

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