dimanche 28 décembre 2014

Immersion dans l'art contemporain (Genève)


Une visite dans un centre artistique est une balade dans la nature humaine et la possibilité de faire des rencontres, par œuvres interposées. Dans la vie courante, la prise de contact avec nos « semblables » est progressive et nous nous assurons de partager quelques valeurs avant de nous lier et de discuter les sujets qui nous importent.
A l’occasion d’une exposition, l’intention de l’artiste passe par son œuvre et seule l’interprétation des signes qu’il y place en permet la lecture ; Autant dire que l’exercice de communication est aléatoire et que le succès n’est pas garanti.
Le nom de l'artiste, ainsi que celui de l’œuvre m'ont échappé; Je me souviens pourtant de cette installation qui me fait encore sourire...(MAMCO, Genève)
Le centre d’art contemporain de Genève et son voisin le MAMCO, sont des endroits que je privilégie lorsque je souhaite m’immerger dans le monde de l’art contemporain à Genève. Nous sommes récemment allés y faire un tour et y avons fait quelques belles découvertes. 




Eric Wintaro est un des artistes sélectionnés pour l’obtention d’une bourse délivrée par la ville de Genève dans le cadre d'une action de soutien à la jeune création et ses travaux sont présentés jusqu’au 11 Janvier 2015 au centre d’art contemporain.
L’œuvre exposée est constituée d'un ensemble de dessins montrés comme un seul tableau. Cet assemblage est rythmé par une succession d’interprétations tournant autour d’une nature (violemment) tourmentée. Son œuvre est forte et sa représentation des oiseaux est un vecteur de sens qu'il exploite de façon grandiose.
Eric Winarto (Extrait  de "La tempête silencieuse")
Pour consulter son actu , je vous invite à vous rendre sur son compte FB: ICI

Au musée d'art contemporain: Le G'art-dien.


Pauline Julier est également une artiste sélectionnée dans le cadre des "Bourses de Genève" (Je suggère aux organisateurs de revoir le nom attribué à cet évènement (o :) . Elle nous présente un film évoquant la disparition imminente des iles Tuvolu, situées dans le Pacifique.
En passe d’être englouti par l’océan qui monte inexorablement, l’archipel sera rayé de la carte d’ici 2050. L’artiste nous offre un point de vue poétique sur le destin de ses habitants en se détachant des codes habituels du film documentaire par une approche subjective elle met en exergue le processus de disparition physique de l'ile, précédé par l’anéantissement de la culture des populations qui semblent avoir perdu la mémoire depuis des lustres et s'être laissé glisser dans l'oubli. C'est joliment réalisé et on comprend que les médias, occupés à traiter de la vie de la jeune Nabilla passent à côté des premières conséquences « perceptibles par tous » du réchauffement planétaire.

"La Disparition des Aïtus" - Film de Pauline Julier

Auto-portrait: Parmi les  théières - à la bibliothèque du centre d'art contemporain.


« Seven books of Poetry » (visible au MAMCO) est une œuvre produite par le minimaliste Américain Carl Andre.  J'ai honnêtement du mal à le suivre dans son "récit" qui est en fait un assemblage de mots, constitué comme une sculpture. Le texte en lui-même (Cela n'engage évidemment que moi) n'a ni queue ni tête, mais l'ensemble produit une intéressante construction. A son exemple, je me détache de ce qui fait sens et je recule d’un pas pour en restituer l'impression ressenti à la "lecture" de ses « écrits ».

Seven Books of Poetry au MAMCO(Carl Andre)
François Martin et Jean-Luc Nancy (philosophe) ont une amitié "prolifique". Effectivement, ce ne sont pas moins de 259 œuvres, issues de leur collaboration qui sont présentées au MAMCO. Le principe repose sur un processus simple : Mr. Martin envoie un dessin à Mr. Nancy, qui lui répond en intervenant directement sur l'original. Le plus souvent sa réponse consiste en une annotation, mais le « complément » peut aussi être de nature différente (dessin, peinture..) . Seules quelques œuvres m’ont interpellé, mais j’adore l'idée de cette correspondance artistique dont voici un exemple ci-dessous.

L'Amitié (François Martin & Jean-Luc Nancy)
L’œuvre sonore de K.Oppenheim hante quasiment tout un étage du MAMCO, mais c'est en pénétrant dans une petite pièce sombre, d’où la musique est diffusée, que nous prenons pleinement conscience de sa présence.
Nous savourons le rythme envoutant et répétitif d'un extrait de la chanson « Cry me a river », passé en boucle ; La sonorité apparemment transformée résonne dans la pièce vide.
- Comment photographier un instant sonore ?
J'ai opté pour l'autoportrait, en posant mon appareil à l’intérieur de la pièce qui abrite l’œuvre, tandis que je courre à l’extérieur. L’appareil et son retardateur font le reste.
Plus d'information sur l’artiste : ICI

Auto-portrait : Cry me a river (Kristin Oppenheim)
Mon "camion préféré" dans la série "Trucks"  !
Plus d'information sur l'artiste ICI

Trucks (Amy O'Neill)
Bonne nuit!





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