lundi 19 janvier 2015

Au M.E.G - Les rois Mochica et autres objets... "éthno-logiques"




A l'occasion de cette première prise de vue, il m'est apparu intéressant de capturer les images de ces masques et sculptures à la façon de portraits, en utilisant les ombres projetées sur les murs pour animer les personnages et apporter une dimension humoristique. Il s'agit donc ici d'un « selfox» !



A moins de souffrir d'une atrophie des 5 sens, il est difficile d’être passé à côté de la vague d'informations qui a annoncé la réouverture, au mois de Novembre dernier, du musée d’ethnographie de Genève dans ces nouveaux locaux. J’ai d’ailleurs été surprise de l’esthétisme de ce nouvel édifice claustré dans un espace restreint de surcroît surplombé par l’ancien musée.
Cela étant dit, je suis ravie qu’un lieu dédié à la diversité des peuples soit de nouveau accessible à Genève. J’ai donc très vite oublié cette première impression pour me consacrer à ce que j'allais découvrir à propos de cette civilisation précolombienne contemporaine des Mayas, dont l'hégémonie ne repose sur aucune des innovations "conventionnelles" que sont l’écriture ou d’autres inventions techniques.
L'exposition s’appuie sur des découvertes faites lors de fouilles récentes, où les archéologues ont déniché une somme considérable d'objets près du site de Huaca el Pueblo où reposait le Seigneur d’Ucupe, un haut dignitaire Mochica. Elle met en exergue les mœurs et coutumes liées à l’exercice du pouvoir d’une civilisation dont l’apogée se situe entre le 3e et le 8e siècle après JC, sur la côte nord du Pérou.
Les objets présentés sont superbes et attestent d’une grande maîtrise de l'artisanat utilisé comme média: Masques funéraires, parures somptueuses et céramiques décorées de tableaux mettant en scène des personnes, des animaux ou des êtres surnaturels sont formidablement réalisés.
Ces illustrations nous indiquent que les Mochicas se livraient volontiers à quelques sacrifices humains. Les guerriers s’affrontaient et le perdant était sacrifié et saigné à l'occasion de rituels sordides censés maintenir le lien entre les hommes et leur environnement. Ils garantissaient ainsi la pérennité de leur civilisation en s'assurant la maîtrise de la nature. Une multitude de représentations reviennent sur cette notion de sacrifice humain et nous en ressortons avec l’impression d’une civilisation d’une extrême violence.
-          Lors de la visite de l’exposition, j’écoutais, comme à mon habitude, les réactions des autres personnes qui s’exprimaient volontiers sur le caractère sordide des pratiques des Mochicas et je le comprends. Une dame est néanmoins sortie du lot grâce à la pertinence de ses commentaires.  Elle se réjouissait de l’intervention des catholiques Européens en Amérique du Sud qui auraient mis un terme aux pratiques barbares des Mochicas !…Je regrette encore de n’être intervenue sur ce coup, lui indiquant discrètement que :

Premièrement, l’Amérique a été découverte quelques siècles après l’extinction de cette civilisation de « sauvages ».
Deuxièmement, que les pratiques des catholiques pendant la colonisation du continent en question sont régulièrement saluées pour leur approche raisonnée notamment pendant l’inquisition, où il était de bon aloi d’inviter les hérétiques à se réchauffer auprès d’un bûcher gentiment préparés à cet effet, histoire de leur faire entendre raison.
L’ensemble de l’exposition est intéressante et la qualité des pièces présentées indéniable.
J'ai toutefois regretté le manque d’informations relatives au mode de vie de ce peuple. J’aurais également aimé voir cette civilisation replacée dans un contexte plus large pour comprendre ce qui la distinguait des autres sociétés d’Amérique du Sud de la même époque.

Je recommande de visionner cette émission (certes un peu théâtrale) qui revient sur l’épopée Mochica, avant de vous rendre à l'exposition : C'est ICI

 "Les rois Mochica" sont présentés au MEG jusqu'au 3 Mai 2015.
                                                            

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"Archives de la diversité humaine": Exposition permanente au MEG

L'avachi

Un peu plus d'un millier d'objets remarquables provenant d'horizons très différents sont regroupés dans une seule pièce. Il n'est aucunement besoin d'explications pour savourer ce méli-mélo d'objets traditionnels qui reflètent des styles de vies et des pratiques très éloignées les unes des autres où nous distinguons aussi des points de convergences.
Certains masques et statuettes sont absolument truculents. J'ai vécu cette expérience comme un voyage dans la créativité humaine et toutes les cultures représentées sont traitées avec la même approche. Le concept d'exotisme disparaît pour laisser place à la diversité.
L’endroit me semble idéal pour faire découvrir aux enfants la variété des directions prises par les civilisations respectives; L'approche est ludique à souhait.


 Selfie - réduit

L'agenda du MEG, son adresse et les heures d'ouverture sont disponibles ICI .


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